Working girl 2.0

Dans un film cucul des années 80, à cette époque où « tout était possible », les années pognon quoi, une jeune femme self made woman fait gagner sa boite grâce à une idée. Dans le scénario sa méchante supérieure essaye de lui voler la maternité de cette idée mais se fait avoir au dernier moment quand la gentille working girl peut faire valoir au big boss le chemin saugrenu de sa réflexion qui a conduit à la naissance de cette idée.

A cette époque, le web 2.0 n’existait même pas en rêve, mais l’analogie est flagrante: cette modeste secrétaire qui se bat pour sa boite et sa carrière se nourrit copieusement de presse people autant que de journaux économiques. Dans le grand dénouement dramatique de cette oeuvre majeure du cinéma en col blanc, le point d’orgue est donné par l’explication: l’idée est née de la collision des mondes, la mise en parallèle de 2 articles venant pour l’un du futile, le « non professionnel », et l’autre du très sérieux boulot boulot, une sorte de fusion Match/LesEchos. Elle a fait le rapprochement entre des infos de 2 canaux distincts. Ca a fait tilt, et bien que n’étant pas en position de le faire, elle a fait « remonter l’idée » qui a pris corps, pour finir par une réussite flamboyante.

Alors bien sûr on est dans la romance, et le propos n’est pas de dire que tous les employés vont avoir des idées de génie en glandant sur Facebook, l’idée est de dire que les gens curieux, les locomotives qui font bouriner la tôle ont besoin de toutes les sources entrantes de ce monde fou qui se dévoile à nous. Fermer les vannes est l’assurance de rater des opportunités de collisions de particules tellement enrichissantes pour tous.

Certains m’ont répondu que la personne chargée de la « veille » dans leur boite a accès à tout. Déjà c’est rare et en plus c’est encore ignorer le mécanisme du global brain. Que des spécialistes de la veille travaillent est une bonne chose, mais négliger le potentiel de la dynamique globale d’une boite est bien dommage. Rien que le fait de casser les murs entre services serait hyper générateur. Ces « collisions » dont je parle ont une particularité: on ne peut pas préjuger de qui est dynamique, de qui va tomber sur une pépite et saura s’en rendre compte. Je crois vraiment qu’il faut permettre aux hyper connectés de le rester. Couper un employé même de ses connexions personnelles est une erreur. Si cela le pousse à ne plus bosser assez, je prends le pari qu’avant Internet il en était de même: ceux qui n’avancent pas n’ont pas besoin de YouTube pour glander, même si je reconnais volontiers que ça peut amplifier l’oisiveté.

Il faut ouvrir mais pour cela il faut un préalable: faire confiance à ses employés, et c’est bien tout le problème.

Une autre caractéristique amusante de cette histoire est qu’elle suppose qu’on reconnaît la valeur d’une personne à ce qu’elle fait, ce qu’elle apporte, sur le mérite quoi. La France de notoriété publique marque un beau retard sur ce sujet, on en est encore à privilégier de vieux papiers de caste appelés diplômes. Un peu hors sujet? Pas sûr #confiance #ouverture

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1 commentaire

Classé dans internet au bureau

Une réponse à “Working girl 2.0

  1. Un vieux papy

    Tout à fait d’accord c’est dans l’erreur que se trouve la solution

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